Reviews

» Traits - Recensioni CD - cd Motus M215009

Allievo di Ivo Malec et Betsy Jolas, pensionnaire a Villa Medici negli anni Ottanta, professore di composizione al Conservatorio di Lione, Philippe Hurel ha ottenuto anche recentemente un grande successo operistico con Les pigeons d’argile, messo in scena a Toulouse. Questo cd monografico svela il carattere estroverso della sua musica, piena di energia, esuberante, carica anche di tensioni e di tormenti espressionistici, ma con un eloquio narrativo che rapisce all’ascolto. Traits è un ciclo composto da tre ampi lavori, per violoncello solo (D’un Trait, del 2008), per violino solo (Trait, del 2014) e per violino e violoncello (Trait d’union, del 2013), che si sviluppano da una cellula minima, sfruttano le diverse possibilità esecutive degli archi, generano una materia sonora frenetica, violenta, caratterizzata da un teso virtuosismo, affrontato con grande bravura e autentico coinvolgimento da Alexis Descharmes e Alexandra Greffin-Klein, capaci di fondere i timbri dei loro strumenti in Trait d’union. Un capolavoro di invenzioni timbriche è Cantus (2006), ampio lavoro per soprano e sei strumenti, dove la voce (lieve e precisa di Elise Chauvin) intona un testo scritto dallo stesso compositore, che descrive i processi musicali come una sorta di “istruzioni per l’uso”: una musica che ribolle di gesti strumentali fiammeggianti, strutture spigolose, vortici avvolgenti, resi magnificamente dall’esecuzione dell’ensemble Court-Circuit. Completa il cd Plein-Jeu (2000) per fisarmonica e elettronica, dove la parte registrata (realizzata al Cirm) prolunga e amplia lo spettro sonoro della fisarmonica di Pascal Contet, trasformandolo in un grande organo virtuale, pieno di bagliori metallici e sinistri.

Gianluigi Mattietti - Classica Voice, Più voce alla grande musica - september 27 2016

» Traits - L'Ensemble Court-circuit en mode anniversaire - september 22, 2014, Salle cortot

C’est tout le Gotha de la création d’aujourd’hui qui s’engouffrait dans la salle Cortot pour le concert d’ouverture de Court-Circuit qui revêtait une allure toute particulière ! Au programme de la soirée s’inscrivait en première partie le cycle des Traits de Philippe Hurel, trois pièces en solo et duo de cordes dont c’était la première audition intégrale. Etaient invités, sur la scène de la salle Cortot, deux solistes de Court-Circuit, la violoniste Alexandra Greffin-Klein et le violoncelliste Alexis Descharmes qui débutait le concert.
Pierre d’angle du répertoire violoncellistique contemporain, D’un trait pour violoncelle solo a été écrit en 2007 pour Alexis Descharmes et la virtuosité transcendantale de cet artiste hors norme. L’écriture très exigeante de cette pièce d’une bonne douzaine de minutes génère une exploration inouïe du spectre sonore offert par l’instrument dont on entend à plusieurs reprises résonner la corde à vide du do grave. Hurel met à l’oeuvre les techniques de jeu les plus variées pour travailler une matière sonore toujours en fusion et faire varier ses registres et ses couleurs à l’infini, tout en maintenant la fulgurance du trait… exception faite d’un bref épisode au centre de l’oeuvre où le jeu dans l’effleurement fait naître une matière beaucoup plus transparente où règnent les harmoniques.
Avec une intelligence du texte et du geste, et une frénésie de l’archet spectaculaire, qui fait parfois « hurler » le violoncelle, Alexis Descharmes gorge d’énergie cette trajectoire qui lamine l’espace et impose d’autorité une écoute captive et totalement suspendue au devenir du son.
A la faveur d’un habile fondu-enchaîné, Alexandra Greffin-Klein montait sur scène alors que le violoncelle résonnait encore, pour donner en création mondiale Trait, une pièce sensiblement plus courte mais cousine de la première en matière de vitalité sonore et de puissance énergétique. L’oeuvre semble naître d’une brève figure en glissando dépressif, qui va nourrir un long processus de développement, favorisant la mobilité extrême du geste et l’aller-retour du son pur à la saturation la plus sèche. Si le violon n’offre pas le même champ de résonance que le violoncelle, il suscite de la part du compositeur un travail d’autant plus fin sur la ciselure du trait et la granulation du son. Avec une maîtrise sidérante de l’archet et une projection du son constamment entretenue, la prestation de la violoniste laisse l’auditeur sans voix.
Un même tuilage était opéré entre sonorités de violon et de violoncelle, les deux instruments se réunissant à présent dans Trait d’union, la troisième et dernière pièce du cycle. Le ton est donné dès les premières mesures où violon et violoncelle s’épaulent pour décrire une trajectoire en fusée, accusant le mouvement de chute par un formidable glissando, sorte de signature timbrale de toute la pièce. Si l’énergie du geste semble ici décuplé par les assauts furioso des deux archets soumis à l’action de différents processus, Hurel ménage des plages plus immobiles où les sonorités fusionnent ou se diffractent, provoquant des effets de moirure très étonnants. Infatigables et merveilleusement complices, ces deux interprètes de haut vol transcendaient l’écriture et donnaient à cette musique d’action sa dimension jubilatoire.

Michèle Tosi - Res Musica - september 30, 2014

» Opéra Les pigeons d'argile

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» CD Tour à Tour III 30 ans Printemps des Arts

…La toile spectrale qui se déploie dans Tour à tour III de Philippe Hurel n’est pas moins somptueuse. Tour à tour est un vaste projet orchestral, sous forme de triptyque, dont la seconde partie, augmentée d’électronique, doit voir le jour en 2015. On reconnaît dans ce troisième volet le geste puissant et presque rageur du compositeur qui impulse des sonorités investissant progressivement tout l’espace de résonance pour fusionner dans des alliages de timbres irradiants. Les images spectrales défilent sur l’écran sonore dans une rare plénitude et se transforment à mesure dans des ébranlements quasi telluriques. Pour autant, la musique du compositeur, où président l’intensité lumineuse et l’énergie du son, trouve au sein du grand orchestre une sensualité encore inouïe…

Michèle Tosi - Res Musica - april 7 2014

ll faut aussi noter, ce même week-end, avec la Journée surprenante du dimanche, où les spectateurs sont conviés à un parcours musical en plusieurs lieux, la reprise par l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo, dirigé par Jean Deroyer, de l’Espace du souffle, de Gilbert Amy, superbe pièce composée en 2007-2008, et la création d’une pièce tout aussi remarquable de Philippe Hurel, Tour à tour III, puissante architecture de grands blocs musicaux et de couleurs orchestrales à la fois fortes et raffinées.

Maurice Ulrich - L'Humanité

» À la rencontre du compositeur Philippe Hurel - Nantes - lundi 01 avril 2013

Pour faciliter l'accès à la musique d'aujourd'hui, l'ensemble Utopik propose chaque année, à trois compositeurs, une semaine de résidence itinérante. Le dernier de cette saison, Philippe Hurel, a pu rencontrer des publics très divers, initiés ou non initiés, sous forme de débats, conférences, master classes, concerts rencontre. Cette semaine se termine toujours par un concert dans une grande salle nantaise, vendredi au théâtre Graslin.
Philippe Hurel aime expliquer son travail au public afin d'être compris. Il justifie ainsi le choix de Robert Schumann, compositeur dont il se « sent très proche émotionnellement, qui a écrit une musique claire malgré les tourments de l'angoisse, avec des accords chargés ». Les chants de l'aube de Schumann pour piano mettent en perspective l'oeuvre de Philippe Hurel, plus sportive telles que Figures libres et Cantus.
Françoise Kubler, soprano spécialiste de la musique contemporaine, a rejoint l'ensemble, sous la direction précise et énergique de Michel Bourcier. La virtuosité des instrumentistes, le ballet millimétré des deux percussionnistes, le pianiste Ludovic Frochot véritable clé de voûte de ce concert, ont subjugué le public. Cette musique en perpétuelle évolution parsemée de figures électriques a été magnifiquement interprétée par des professionnels complices. L'Ensemble Utopik, un bel instrument au service des compositeurs.

Ouest France.fr

» Philadephia, July 28, 2012

Michel Galante, musical director of the New York based Argento Chamber Ensemble was on Philadelphia's WRTI radio talking (interview by J. Michael Harrison) about the concepts of “spectral” music and previewing the performances of his group on successive weekends at Rodin Museum on the Ben Franklin Parkway. As interesting as Galante was about the theories of spectral, you didn't really need to know anything about the musicology to be transfixed by the ensemble's performance at the Rodin on July 28 called Spectral Impressions: Music of Philippe Hurel. This was a musical adventure everyone in attendance seemed to be glad they were in on.

The stage set up in the museum's gardens that made for a sublime setting that played to the musical concepts, but the weather didn't cooperate and a sudden summer rain brought everyone inside the museum itself. The audience‘s enthusiasm was not dampened, though, and they took in the Rodin collection to fill the time. With things still dicey outside, the concert began inside museum's main gallery. Violist Stephanie Griffin playing a work by Tristan Murail, the composer featured in the previous week's concert.

Hurel's effects in Phasis - dense chord fragments, catapulting electronic spikes, radiating tonal pools - just appeared and vanished. Steven Gosling piano was also on a floating track, with eerie strums off the strings with one hand and key distortions on the other. The chromatic strikes toward the end was reminiscent of Thelonious Monk. Meanwhile, the colors and shapes in the open air, the late sun streaming through trees and the scent of lemon oregano coming up from the flower beds made it all the more intoxicating.

Then Hurel's … à mesure (1996) for flute, clarinet, violin, cello, vibraphone and piano just was trance inducing, with the effect of reverse line lyricism cutting over Joanna Choa's mach speed (yet light) dexterity on piano and Watts' percussive vibe blur shadowing her.

The concert concluded with Hurel's Figures libres (2000-1), an octet and perhaps the most concrete piece that interacted with the dusky environs and tuning us into Argent's rarified spectral frequency. The runaway strings, at unbridled clips by Griffin and Clara Lyon, with the counter drama of Michael Haas's sustained cello lines heard in the pauses.

Argento delivered a memorable performance full of stellar musicianship and conceptual mystique. Maestro Galante is obviously completely engaged with creating something unique with these musicians.

Lewis Whittington - ConcertoNet.com

» Paris, Eglise Saint-Merry, vendredi 27 avril 2012

Le Duo japonais piano/percussion L'iris a réuni à Paris des amis du Conservatoire de Paris pour un enthousiasmant concert monographique Philippe Hurel

C'est avec Tombeau composé en 1999 à la mémoire du compositeur Gérard Grisey (1946-1998), qui fut un proche de Philippe Hurel, que le concert a débuté …Hurel alterne deux mouvements vifs aux couleurs scintillantes exaltées par crotales, cloches de vache et sept gongs thaïlandais de toute taille encadrant un émouvant passage d'une douce et tendre mélancolie…

… à mesure est un sextuor pour piano, flûte, clarinette, violon, violoncelle et vibraphone de treize minutes. Il s'agit d'une œuvre dynamique à la pulsation ferme et décidée, aux élans jubilatoires et aux sonorités scintillantes et cristallines qui la situent dans la séduction sonore de Debussy et, surtout, de Boulez. Dans cette partition qui associe les instruments par affinités de registres, la flûte avec le violon, la clarinette basse et le violoncelle, la percussion et le piano, chaque instrument du duo élargit finement les résonances de l'autre, particulièrement la percussion qui amplifie le piano, dans les deux moments extrêmes de l'œuvre, qui est scindée en son centre par une courte page d'introspection. Ce qu'a parfaitement restitué le sextuor constitué de Valentin Broucke (violon), Askar Ishangaliyev (violoncelle), Marion Constant (flûte), Hidehito Naka (clarinette) et le Duo Iris, l'ensemble étant dirigé avec une jubilation non feinte par Philippe Hurel.

La seconde partie s'est ouverte sur une pièce de huit minutes de 2004-2005, Loops IV. Commande du festival Aujourd'hui Musiques de Perpignan, cette page pour marimba solo se situe dans la continuité des solos instrumentaux que Hurel compose sous le titre générique Loops (Boucles) …Akino Kamiya interprète cette pièce non seulement avec précision mais aussi avec une richesse sonore et un nuancier d'une amplitude impressionnante, jusqu'aux pianissimi les plus éthérés.

C'est avec Interstices que s'est conclu le programme. Commande du Concours international de piano d'Orléans 2009 et des Percussions de Strasbourg, cette partition de quatorze minutes pour piano solo et trois percussionnistes se situe bien au-delà d'une œuvre de circonstance. Certes, la virtuosité du piano est grande, mais elle n'est en aucun cas gratuite, car tout ici est musique servie par une orgie de sons, de rythmes, de couleurs et de vie, et le piano sait à la fois s'extraire et se fondre au groupe de percussion, à la façon d'un concerto, voire d'une pièce soliste, tant l'on est souvent surpris, au cours des trois sections vif-lent-vif, de n'entendre qu'un seul timbre instrumental élargi par les harmoniques de quatre résonances… Interstices est une œuvre parfaitement maîtrisée qui a tout les atouts pour un franc succès auprès des pianistes et des percussionnistes. Sous la direction chaloupée de l'auteur, le Duo L'iris renforcé par les percussionnistes Sylvain Borredon et Thibault Lepri en ont tiré l'essence avec gourmandise, délivrant une énergie qui a su réchauffer un auditoire transi de froid dans l'église de Saint-Merry…

Bruno Serrou - Classique d'aujourd'hui

» 25 mars 2012 - Création de Tour à tour III - Printemps des arts de Monaco

Un Printemps riche de surprises à Monaco

Le deuxième week-end du Printemps des arts de Monaco était riche de surprises
…S'il les avait entendues au cours d'une soirée plus traditionnelle, le public aurait peut-être moins apprécié la clarté formelle de L'Espace du souffle de Gilbert Amy, la préciosité artiste de « Wenn steine sich gen Himmel stauen » du compositeur allemand Philipp Maintz et enfin la furie jubilatoire de Tour à Tour III de Philippe Hurel, une pièce très marquante, mais avec cet étonnant parcours déambulatoire, le triomphe fut complet.
Laurent Vilarem - La lettre du musicien

» 25 mars 2012 - Création de Tour à tour III - Printemps des arts de Monaco

Journée surprenant à Monte-Carlo

…Deux semaines après la création de son premier opéra Philippe Hurel propose une nouvelle et palpitante pièce pour orchestre. Tour à tour III termine un long cycle orchestral, dont Praeludium (2010) et Tour à tour I (2008) sont déjà écrits, et Tour à tour II, encore à composer ; en 2015, le cycle intégral - Tour à tour - sera créé par l'Orchestre philharmonique de Radio France. Dans son architecture, Tour à tour III est aussi net que puissant. Sa première section jette d'emblée, dans la salle, l'intensité énergétique de la partition toute entière. Lui succède le corps-même de l'œuvre où des plages spectrales (chez Philippe Hurel, elles sont rarement contemplation, mais accumulation mélancolique d'énergies à libérer ultérieurement) sont, dans une succession de plus en plus haletante, tranchées par des boucles homorythmiques (et quasi-canoniques) obsessionnelles et par des couleurs timbriques signalétiques. Un combat entre ces deux structures de « récit » (comme chez le romancier Claude Simon qui fascine tant le compositeur) semble conduire à une cataclysmique destruction de l'œuvre et de l'orchestre, tant la virtuosité exigée est exactement celle d'un ensemble instrumental spécialisé dans les musiques contemporaines. Il n'en est rien : un postlude, accalmé et troué de silences, termine l'œuvre. Des compositeurs de sa génération, Philippe Hurel se distingue par son aptitude à établir un suspense rythmique (sans doute, ses premières passions, pour le jazz, le funk et le rock y ont-elles laissé quelque trace), qui n'est pas agitation mais inquiétude profonde…
Frank Langlois - ResMusica

» 25 mars 2012 - Création de Tour à tour III - Printemps des arts de Monaco

Belle programmation du festival le Printemps des arts, jusqu'au 8 avril. Le drame musical Judith et la création de Tour à tour III de Philippe Hurel ont marqué le dernier week-end.

Il faut savoir gré au compositeur Marc Monnet, à la tête du festival le Printemps des arts de Monte-Carlo, dont c'est la 28e édition, d'en avoir fait un rendez-vous majeur de la culture et de la création, aussi bien classiques que contemporaines. Il a mis sur pied cette année une programmation assez étonnante, allant d'un week-end dédié à l'accordéon à un cycle consacré à Anton Bruckner, avec cinq de ses symphonies, mais on pourra tout autant entendre, jusqu'au 8 avril, Bartok, Xenakis, Ligeti, Harvey, ou encore Prokofiev, Rachmaninov…

…Il faut aussi noter, ce même week-end, avec la Journée surprenante du dimanche, où les spectateurs sont conviés à un parcours musical en plusieurs lieux, la reprise par l'orchestre philharmonique de Monte-Carlo, dirigé par Jean Deroyer, de l'Espace du souffle, de Gilbert Amy, superbe pièce composée en 2007-2008, et la création d'une pièce tout aussi remarquable de Philippe Hurel, Tour à tour III, puissante architecture de grands blocs musicaux et de couleurs orchestrales à la fois fortes et raffinées.
Maurice Ulrich - L'humanité

» 14 mars 2012 - création Espèces d'espaces - Biennale musique en scène - Oullins, théâtre de la Renaissance

Quant au compositeur Philippe Hurel, cela faisait bien longtemps que lui trottait dans la tête l'idée de s'emparer d'Espèces d'espaces, chef-d'œuvre inclassable de Georges Perec (en témoigne son Cantus, hommage à l'écrivain composé en 2006), sans trop savoir par quel bout le prendre. Après mûre réflexion, le voilà qui débarque avec une œuvre scénico-musicale également inclassable, et tout aussi délirante, dans sa rigueur d'écriture, que le texte de l'oulipien… La musique de Hurel témoigne d'une compréhension profonde de ce même texte, doublée d'une joie sans mesure. Indubitablement sensible à l'humour de l'oulipien, ainsi qu'à ses blessures intimes, Philippe Hurel a écrit une partition absolument magnifique qui, en même temps qu'elle souligne le verbe, esquisse un même projet d'épuisement de l'espace musical. Empruntant tour à tour aux registres de la musique populaire (lorsqu'il s'agit de rues parisiennes), de la comptine enfantine (lorsqu'il s'agit de géographie, ânonnée en chantonnant comme une leçon d'écolier), du jeu télévisé (lorsqu'il s'agit de décrire pas à pas la journée d'une famille lambda dans son appartement), de la musique militaire (lorsqu'il s'agit de défense du territoire), Philippe Hurel fait chanter la jouissance proprement enfantine, parfois surréaliste et souvent iconoclaste, de Georges Perec… Ecrite pour une comédienne soprano (l'admirable Élise Chauvin) et un comédien (Jean Chaize), elle alterne le chanté et le parlé et joue parfaitement sur le contraste de ces deux registres, mais sans explorer l'entre-deux. S'appropriant la pensée de Perec tout en la respectant avec un amour évident, Philippe Hurel n'en tient pas moins là un ouvrage exceptionnel.
Jérémie Szpirglas - Mouvement.net

» 14 mars 2012 - création Espèces d'espaces - Biennale musique en scène - Oullins, théâtre de la Renaissance

La rencontre de Philippe Hurel avec Georges Pérec apparaît d'une logique imparable. L'humour à froid, le sens singulièrement ludique du texte, l'amour de la joute verbale, des situations abracadabrantes, de la dérision, un humour acerbe et grave leur sont communs. Ils ne pouvaient que se rejoindre dans Espèces d'Espaces, où l'écrivain évoque les petites choses de tous les jours, du plus anodin au plus monstrueux, ce qui ne pouvait que séduire un compositeur dont la musique traite essentiellement d'espace et de temps (il convient ici de rappeler ne serait-ce que la phrase capitale prononcée par Gurnemanz dans le Parsifalde Wagner, «  Zum Raum wird hier die Zeit  » (Ici, le temps devient espace). Spectacle à deux personnages s'exprimant chacun sous une forme différente, l'un parlant l'autre chantant, Espèces d'Espaces adapté sous forme de livret par le compositeur tient à la fois du théâtre et de l'opéra, à l'instar de Terre et Cendres de Jérôme Combier dont la création a été donnée samedi 10 mars à Lyon. Il faut dire qu'il ne pouvait en être autrement de la part d'un compositeur qui, voilà peu de temps encore, ne jurait que par la musique «  absolue  », rejetant l'idée-même d'art lyrique, du moins à l'en croire dans ses longues discussions passionnées sur le sujet d'où il ressortait de ses propos combien l'opéra était un genre obsolète tenant de l'art bourgeois. Le premier essai présenté mercredi prélude à un second, puisque le Théâtre du Capitole de Toulouse a commandé au compositeur un opéra obéissant cette fois aux canons traditionnels de l'opéra, avec chœur et grand orchestre. Gageons néanmoins que Hurel saura faire éclater plus encore que dans Espèces d'Espaces la forme du théâtre lyrique pour le faire absolument sien.
…Philippe Hurel, qui se revendique de la filiation de Gérard Grisey et de Tristan Murail, intègre des objets de nature spectrale au sein de structures polyphoniques, et applique la répétition à tous les niveaux de la composition, de la forme globale à la note même. Faite de micro-variations et de systèmes à évolution discrète et continue, la musique du compositeur s'ajuste >/p>

C'est dans ce cadre que le Théâtre de la Renaissance d'Oullins accueille deux soirs successifs la création d'Espèces d'espaces. Tenter de « mettre en musique » l'ouvrage éponyme (1974) de Georges Perec constitue une gageure tout aussi folle que de le « mettre en scène », mais Philippe Hurel (né en 1955), qui a adapté lui-même le livre, et Alexis Forestier relèvent le défi de façon convaincante et, surtout, coordonnée: ils offrent en effet un spectacle sui generis de 75 minutes qui tient du théâtre musical, même si le programme parle incidemment d'opéra à propos de la partition. Par petites touches, avec ses signatures familières - ses énumérations, son amour du langage, ses embardées vers l'absurde, ses jeux littéraires, ses souvenirs mais aussi son évocation des camps où périt sa mère - l'écrivain mène dans ce « journal d'un usager de l'espace » une réflexion aussi profonde que poétique sur cette notion d'espace qui, de l'aveu même d'Hurel, « ne peut laisser insensible un compositeur - la musique traite en grande partie de l'espace », afin d'en saisir la « concrétude » qu'expriment les derniers mots, « laisser une marque, une trace, un sillon ou quelques signes ».

En partie préenregistré sur une bande qui comprend par ailleurs divers sons et bruitages, le texte est confié à un comédien et à une soprano, sonorisés comme le petit ensemble instrumental qui les accompagne (flûte, hautbois, clarinette, deux cors, violon, alto, violoncelle, contrebasse, accordéon, percussion). Le dispositif scénique joue lui-même avec l'espace défini par le plateau: au début, le chef de l'ensemble 2e2m, Pierre Roullier, se situe à l'avant-scène côté cour, dans la diagonale opposée à ses musiciens, dissimulés par un écran transparent. Chef et écran, comme les autres éléments du décor - portique métallique où pendent différents objets et où l'on fait aussi mine de se pendre, tableaux noirs, deux tables (d'orientation?) rectangulaires, deux tabourets - changent de place durant la représentation pour investir l'espace de manière sans cesse différente. Au fond, quelques mots et les pictogrammes ludiques de la « création visuelle » d'Eva Kalessis sont projetés sur cinq étroits panneaux verticaux accolés (et mobiles). Au fil du spectacle apparaissent également un sommier métallique, des maquettes de villes imaginaires et un buzzer artisanal servant à un cocasse quiz télévisé ponctué par une horloge parlante.
Bruno Serrou - Classique d'aujourd'hui, blog d'actualité de la musique classique et contemporaine - mars 2012

» 14 mars 2012 - création Espèces d'espaces - Biennale musique en scène - Oullins, théâtre de la Renaissance

C'est dans ce cadre que le Théâtre de la Renaissance d'Oullins accueille deux soirs successifs la création d'Espèces d'espaces. Tenter de « mettre en musique » l'ouvrage éponyme (1974) de Georges Perec constitue une gageure tout aussi folle que de le « mettre en scène », mais Philippe Hurel (né en 1955), qui a adapté lui-même le livre, et Alexis Forestier relèvent le défi de façon convaincante et, surtout, coordonnée: ils offrent en effet un spectacle sui generis de 75 minutes qui tient du théâtre musical, même si le programme parle incidemment d'opéra à propos de la partition. Par petites touches, avec ses signatures familières - ses énumérations, son amour du langage, ses embardées vers l'absurde, ses jeux littéraires, ses souvenirs mais aussi son évocation des camps où périt sa mère - l'écrivain mène dans ce « journal d'un usager de l'espace » une réflexion aussi profonde que poétique sur cette notion d'espace qui, de l'aveu même d'Hurel, « ne peut laisser insensible un compositeur - la musique traite en grande partie de l'espace », afin d'en saisir la « concrétude » qu'expriment les derniers mots, « laisser une marque, une trace, un sillon ou quelques signes ».

En partie préenregistré sur une bande qui comprend par ailleurs divers sons et bruitages, le texte est confié à un comédien et à une soprano, sonorisés comme le petit ensemble instrumental qui les accompagne (flûte, hautbois, clarinette, deux cors, violon, alto, violoncelle, contrebasse, accordéon, percussion). Le dispositif scénique joue lui-même avec l'espace défini par le plateau: au début, le chef de l'ensemble 2e2m, Pierre Roullier, se situe à l'avant-scène côté cour, dans la diagonale opposée à ses musiciens, dissimulés par un écran transparent. Chef et écran, comme les autres éléments du décor - portique métallique où pendent différents objets et où l'on fait aussi mine de se pendre, tableaux noirs, deux tables (d'orientation?) rectangulaires, deux tabourets - changent de place durant la représentation pour investir l'espace de manière sans cesse différente. Au fond, quelques mots et les pictogrammes ludiques de la « création visuelle » d'Eva Kalessis sont projetés sur cinq étroits panneaux verticaux accolés (et mobiles). Au fil du spectacle apparaissent également un sommier métallique, des maquettes de villes imaginaires et un buzzer artisanal servant à un cocasse quiz télévisé ponctué par une horloge parlante.

Jean Chaize et Elise Chauvin se plient à une direction d'acteur insaisissable et remarquablement variée, s'apparentant non seulement au théâtre, mais aussi à la danse, au mime ou même au cirque: il ne fait pas de doute que la démarche très inventive de Forestier et la musique à la fois souple et vive d'Hurel, se mettant au diapason perequien avec des clins d'œil à la chanson réaliste ou àLa Marseillaise, leur doivent beaucoup.
Simon Corley - Concertonet.com - mars 2012

» 14 mars 2012 - création Espèces d'espaces - Biennale musique en scène - Oullins, théâtre de la Renaissance

Pour son premier opéra, Philippe Hurel a réalisé un coup de maître. On sait ses affinités avec le grand romancier Claude Simon dont il a épousé la pluralité simultanée de cordes et de structures de récit et chez lequel de courts évènements donnent lieu à des temporalités longues, tous éléments qui créent une poétique obsessionnelle et rituelle. Pour ce projet, Philippe Hurel s'est tourné vers un autre géant, Georges Perec, formidable écrivain de la mémoire et des rituels mnémoniques qui luttent contre l'oubli des cataclysmes dont le XXe siècle n'a pas été avare.

Dans l'impressionnant catalogue de Perec, Philippe Hurel a choisi Espèces d'espaces, dont le sous-titre est : tentative d'épuisement d'un lieu parisien. Dans ce texte, Perec considère l'espace d'une pièce, puis l'élargit, successivement, à un appartement, un escalier, un immeuble, un quartier, une ville, un site rural, enfin la notion-même de Nature et, plus outre, le vide sidéral (on pense à la métaphore de l'oignon que, jusqu'à sa vacuité centrale, pèle Peer Gynt dans la pièce d'Ibsen). Le ton est celui, amusé, d'une pseudo-conférence universitaire (comme dans Cantatrix sopranica L.) où résonnent la curiosité scientifique et l'obsession des listes comme de l'art combinatoire ; plus profondément, ce dispositif aspire, existentiellement, à épuiser le réel.

Dans sa partition, Philippe Hurel fait écho à tous ces plis et replis, grâce à de vifs contrastes de tempo, de densité polyphonique, d'expression vocale (une soprano et un comédien), de matériaux bigarrés (son écriture de nature spectrale mais aussi une chanson populaire) et, surtout, de ton. Initialement futile, l'expression plonge, petit-à-petit, dans des univers - sonores comme mentaux - de plus en plus anxieux, jusqu'à frôler, avec pudeur, cette barbarie nazie qui avait englouti les parents de Georges Perec (son père tué à la guerre, sa mère assassinée en déportation). Philippe Hurel parvient à créer, en musique, le suspense angoissant qui tenaille tout lecteur de Claude Simon ou tout auditeur de Franz Schubert. Indiscutablement, cette œuvre bouscule, et sème un trouble que seule un longue décantation dissipera. Alors en surgiront les puissantes lignes de force et la mémoire des différents instants qui l'ont constituée.

Réalisée dans une très modeste économie, la mise-en-scène privilégie la mobilité des deux acteurs et le jeu avec des éléments (structures scénographiques ou cadres de tableaux) qui décomposent l'espace rationnel et créent d'inattendues aspirations au vide. Les deux interprètes (tant l'éclatante Élise Chauvin que le comédien Jean Chaize, faussement placide) sont idéaux, que jamais l'alerte rythme scénique ne trouble. Dirigeant son talentueux 2e2m, Pierre Roullier achève de faire de ce spectacle un rare moment de théâtre lyrique et musical.

Cette période est décidément faste pour Philippe Hurel. Le 20 février dernier, au Théâtre des bouffes-du-nord, le virtuose ensemble Court-Circuit (Philippe Hurel en est le directeur artistique) fêtait magnifiquement ses vingt ans (notamment, au programme, son Pour l'image, écrit en 1985-1986). Puis, le 25 mars, au Printemps des arts de Monte-Carlo, aura lieu la création de sa plus récente pièce orchestrale. Un printemps généreux et partagé…
Franck Langlois - Resmusica - mars 2012

» Nikel et Court-circuit, mélange détonnant

…Sans le recours à l'électronique mais dans la même formation instrumentale, Localized corrosion de Philippe Hurel est écrite sur mesure pour l'Ensemble Nikel ici très investi. L'écriture y est beaucoup plus serrée que chez Momi, laissant transparaître ses nervures rythmiques bien dessinées. Hurel flirte avec l'excès de son allant parfois jusqu'à la déchirure sans renoncer à son écriture de processus qui propulse le mouvement et galvanise les sonorités…
Michèle Tosi - Resmusica - 22 novembre 2011

The Eighth Blackbird performs with the Cleveland Orchestra

Sunday night in Reinberger Chamber Hall, featuring weighty works by six major composers.
Neck-and-neck on the captivating scale were Philippe Hurel's 1996 "…à mesure" ("little by little") and Stephen Hartke's 2007 "Meanwhile"…
Hardly less memorable was Hurel's soundscape. Rather than seduce, his music grabbed listeners by the throat, like some engine wound too tightly and casting off hot and cold sparks. What's more, as rendered by the Blackbirds, it left an indelible mark, and didn't conclude so much as disintegrate.
Zachary Lewis - The Plain Dealer, may 2011

Music review: eighth blackbird at the Library of Congress

Philippe Hurel's 1996 piece "…à mesure" though, was the genuine avalanche; a highly caffeinated virtuoso piece that may have contained more actual notes than the rest of the evening combined. Exhilarating, stunningly beautiful and brilliant in every sense, it's a steamroller not to be missed.
Stephen Brookes - Washington Post, may 2011

Eighth Blackbird à Carnegie Hall : virtuosité et décontraction sans compromis, 1er février 2011

...La pièce suivante était d'un autre compositeur français, Philippe Hurel. …à mesure débute comme une série d'explosions soniques, alternées d'unissons, se rapprochant peu à peu. Soudain, l'agitation se déconstruit, les notes se spatialisent dans l'ensemble, et l'auditeur se retrouve dans un paysage de timbres qui n'est pas sans rappeler un univers spectral-typiquement français lui aussi. Une pièce surprenante...
Thomas Deneuville - Classiqueinfo.com

Piano, les lauréats d'Orléans à Paris

Le théâtre des Bouffes-du-Nord (Paris 10e) a invité deux des lauréats du 9e Concours international de piano d'Orléans à décliner leurs atouts dans un répertoire moderne et contemporain.
...Interstices (piano et trois percussions) de Philippe Hurel, également dirigée par son compositeur et qui, sous les doigts de Yejin Gil, s'est revêtue d'une fougue incomparable, alternant intervalles de suspense et profusion sonore flamboyante. On n'oubliera pas de mentionner la parfaite maîtrise des Percussions de Strasbourg, qui restent l'un des fers de lance de la création contemporaine. (24 janvier)
Clément Rochefort - La lettre du musicien,  janvier 2011

New York, Zankel Hall, Carnegie Hall, 01/31/2011
Ensemble eighth blackbird

...By far, my favorite work-probably for the wrong reasons-was Philippe Hurel's : ...à mesure, which was formal, tough, with marvelous colors. One section, though, was pure entertainment. At first, it resembled six water faucets dripping one drop at a time, one after the other, all with different sounds, M. Hurel now took these single sounds and made them more complex, variations on each sound... then back to the single taps dripping quickly with pitter-patters of clarinet, cello, xylophone etc etc.
Could I visualize Jackson Pollock dripping drops on his canvas, making them faster, thickening them, then, erasing and going back to the single drop? I did. Pourquoi pas? M. Hurel might have been amused.
Harry Rolnick - ConcertoNet.com

Philippe Hurel : un épicurien de la composition musicale contemporaine
Philippe Dejardin - César n° 291, novembre 2010

Un programme exigeant

Dans l’acoustique flatteuse de l’église de La Grave, les résonances cristallines des Structures, œuvre spéculative que Boulez composa en 1961, inspirée de la 2e des 4 Études de rythme pour piano, de Messiaen, ont été servies par le jeu précis de ses interprètes.
L’Ensemble Court-Circuit a proposé un programme autour de l’héritage de Boulez, en présence de ce dernier, discrètement assis au milieu du public. Programme exigeant, désemparant l’assistance, plus habituée aux vastes phrases de Messiaen qu’aux éclaboussures de sons et de rythmes des générations suivantes, mais enthousiasmée par l’octuor Figures libres de Philippe Hurel. Cette page de 2000-2001 se fonde sur une cellule de 8 sons sujette à variations d’où émergent des solos s’extrayant d’une masse évoquant le jazz.
Bruno Serrou, au Pays de La Meije La croix - septembre 2010

Festival Messiaen de la Vallée de le Meije

… Si l’on considère que le seul gage de postérité d’un compositeur est de manifester une identité stylistique que l’on reconnaîtra toujours au premier coup d’oreille, alors éclatait singulièrement la prévalence de Philippe Hurel, tant la partition de Figures libres porte sa signature par quelque paramètre qu’on la prenne. Le haut degré d’élaboration de son écriture est propulsé par une explosive vitalité que servait avec énergie et précision rythmique le nouveau chef de l’ensemble, Jean Deroyer.
Sylviane Falcinelli L'éducation musicale - septembre 2010

Institute and Festival for Contemporary Performance - Le Poisson Rouge New york city

TimeTable and Ms. Gil closed the program with a powerful rendering of Philippe Hurel's rhythmically and harmonically dense "Interstices"" (2009). Mr. Hurel's percussion palette here leaned heavily on vibraphones, which both blend and contrast with the piano, and he regulated that interaction carefully, ratcheting up the score's tension level whenever a passage seemed headed toward a moment of calm.
Allan Kozinn The New York Times - June 21, 2010

Franceses concierto de la orquesta sinfónica de navarra

Intérpretes: Orquesta Sinfónica de Navarra. Marion Ralincourt, flauta. Dirección: François Xavier Roth. Programa: Obras de Ravel, Philippe Hurel y Bartok. Programación: Ciclo de la Orquesta. Lugar y fecha: Auditorio Baluarte. 17 de diciembre de 2009. Público: menos del habitual del abono. Seguramente por el mal tiempo.

MAGNÍFICO concierto el cuarto del ciclo de la orquesta. Y es que en el hubo conjunción y total sintonía entre compositores e intérpretes, sobre todo en la novedosa presentación de Phonus para flauta y orquesta de P. Hurel. Insertados la flautista, el compositor y el director en las corrientes de la música contemporánea francesa, la excelente dirección del titular de la velada, acercó la obra de Hurel, integrada en el espectralismo, a la buena comprensión y aceptación del público. Fue una dirección rotunda, matemática en los cortes, clara, dominadora, pero, también fluida y libre, dejando que los sonidos se expandieran. Esos sonidos -generalmente más agudos- que acompañan a una nota fundamental por resonancia natural, y que van dando color y timbre a los instrumentos que vibran. O sea, una lección magistral sobre el espectro sonoro. Se nota que es habitual director del Ensemble Intercontemporain. A su lado Marion Ralincourt -la luminosa, vivaracha y joven flautista francesa- solucionó con convencimiento y entrega el entramado de una partitura en la que el solista debe sortear el poderío tímbrico de la orquesta, y ordenar los bucles, -virtuosismo y generoso fiato- de las repetidas escalas. El comienzo en la zona grave, resulta un tanto trabajoso; luego, la flauta se impone en la veta exploratoria de sonidos, en los saltos bruscos de un estado sonoro a otro, en el hallazgo de timbres nuevos. Ni la flautista ni el director dejan que la obra ceda en su tensión ni un momento. Engancha en su comprensible novedad. El fragmento del trío de flautas es de lo más logrado en esa sonoridad horizontal, suave y luminosa del instrumento. Al fondo siempre Debussy. Los flautistas de la orquesta, a la altura de la solista. El compositor, presente en la sala, recibió una cálida ovación.
Por Teobaldos Noticas de Navarra - 20 de Diciembre de 2009

Ouverte le 22 février, la neuvième édition du Concours international de piano d'Orléans a connu son point d'orgue ce mardi, au Théâtre.

Très belle soirée, ce mardi, salle Touchard du Théâtre où se déroule, devant 900 spectateurs, la finale de la neuvième édition du Concours international de piano d'Orléans retransmise en direct sur France Musique.
Trois candidats sur les vingt-sept inscrits au départ se produisent chacun pour un bref récital où il interprète des oeuvres de son choix, mais aussi, pièces imposées, le « Prélude et fugue no 15 » de Chostakovitch, et surtout « Interstices », composition de Philippe Hurel donnée en création mondiale avec trois membres des Percussions de Strasbourg, Jean-Paul Bernard, François Papirer et Claude Ferrier.
Éblouissante est l'interprétation de cette pièce par la pianiste sud-coréenne Yejin Gil qui y fait montre d'une tension dramatique, d'une mise en place exceptionnelle et d'une sensibilité éperdue. Ovationnée par le public, adoubée par le sourire du compositeur et ceux de ses partenaires, cette interprète recevra du reste pas moins de quatre prix prestigieux à l'issue des délibérations.
Jean-Dominique Burtin La République du Centre - 4 mars 2010

SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg François Xavier Roth Leitung - Philippe Hurel, Tour à tour

Weit un breit gibt es kein orchester das sich mit derart selbstverstandlicher souveranitat in der komplexen klangmaterie der modernen tonkunst bewegt. Wobei bald offenkundig wurde, dass Hurels Opus im riesigen kosmos der musica nova eines der zugänglicheren und bekömmlicheren exemple ist. Der von den spektralisten beeinflusste vertreter des Jahrgangs 1955 erinnert in seinem werk mitunter an jenes goldene Zeitalter, als das melos noch geholfen hatte. Der Parameter klangfarbe, mit dem Hurel umzugehen weiss, rückt ins zentrum.Der Komponist ist keine Leisetreter.Das orchester dies als prägendster Eindruck, ist enorm beschäftigt : man denkt ans schlagzeug, die einwürfe des tiefen Blechs, das zarte Streicherwuseln. Zudem, und zwar im weiteren verlauf immer stärker, unterstreicht Hurel die Tatsache, dass auch Pausen musik sind. Ein sehr solides Stück zwischen Auftauchen und Verschwinden knapper wäre.
Johannes Adam Badische Zeitung - 23 November 20O9

puce « For solo marimba, played magnificently by Daniel Kennedy, was a real treat. Short phrases treated as "cells" that repeat and undergo transformations that you can actually hear! What a concept! This is a virtuoso piece for marimbist and really exciting!
Richard Friedman blog - 30 mars 2009

puce « La musique de Philippe Hurel est éclatante sans esbrouffe, rigoureuse sans ennui. Step saute la marche, D’un trait pour violoncelle solo explore les ressources inouïes de l’instrument, Alexis Descharmes lisant sa partition sur un micro-ordinateur posé par terre et dont il fait défiler l’écran du pied, avec une pédale style Wah Wah.
Dominique Hasselmann blog - 21 octobre 2008

puce « Mardi soir, c’est un festival de sons, de virtuosité, de technicité, de musicalité et d’émotion que nous invitait à partager Jean Geoffroy (…) jouant de finesse et de précision dans Loops IV, magnifique pièce pour marimba solo de Philippe Hurel (…). »
J.-M. C. - L’Indépendant - 16 novembre 2006

puce « Jean Geoffroy a proposé un passionnant parcours de l’univers enchanteur de son instrument à la création de Loops IV pour marimba, oeuvre de Philippe Hurel (né en 1955) à la motorique envoûtante qui dégage une énergie communicative pulsée par sa difficulté d’exécution diabolique. »
Bruno Serrou - La Croix - novembre 2006

puce « En création française, les Trois études mécaniques de Philippe Hurel nous plongent dans l’univers de l’écriture spectrale fonctionnant sur les relances incessantes de l’énergie nourrie d’une rythmique obsessionnelle opérant des ruptures radicales, sorte d’arrêt sur images laissant apparaître la richesse des textures nimbées de percussions scintillantes ».
Res musica - Michèle Tosi – juin 2006

puce « Du 1er au 17 juin, l'IRCAM organise son désormais traditionnel festival Agora. J'ai assisté pour l'occasion au concert du Bit20 Ensemble norvégien, dirigé par Pierre-André Valade, sur le thème "Du côté du miroir". Etaient présentées des oeuvres de Philippe Hurel, Asbjorn Schaathun et Philippe Leroux. Les Trois études mécaniques de Philippe Hurel se distinguent par un caractère rythmique très prononcé, quasi obsessionnel, cherchant en cela à reproduire un son mécanique. Le son obtenu par l'ensemble de dix-huit musiciens n'est pas sans évoquer par moment les recherches rythmiques de Steve Coleman ou d'Aka Moon, notamment dans la troisième étude ».
Samizdjazz blog jazz - juin 2006

puce « Pas de multimédia cette fois mais un recours généralisé à l'informatique, spécialité de l'Ircam, pour la genèse des partitions et le traitement des sons. Philippe Hurel en use pour doser l'énergie cinétique de Trois études mécaniques, qui jouent habilement avec des figures aux formes saillantes et à la trouble consistance. Le résultat évoque (surtout dans la no 1, Bergen) un iceberg musical dont le rythme constituerait la partie émergée ».
Le monde - Pierre Gervasoni - juin 2006

puce « Da Capo on Shuffle - Da Capo Chamber Players, Matthew Cody (conductor), The Knitting Factory, New York City, 24.01.2006 (BH) …Changing the mood completely, the insightful conductor Matthew Cody guided the ensemble in Philippe Hurel's Pour Luigi, with echoes of Andriessen and Messiaen in its chords often separated by silence. Hurel has professed an interest in combining jazz and funk rhythms with harmonies achieved through spectral techniques, and this intriguing piece is perhaps the apotheosis of this exploration. A Da Capo produced lush, mouth-watering textures, all deftly coordinated by Mr. Cody in one of the highlights of the evening ».
Bruce Hodges - Seen and Heard - January 1st, 2006

puce « Chamber players excite with elegy that's full of life You might suppose that a composer mourning a fellow composer would do so with music that sounded, you know, mournful. I certainly thought so, but that was before I heard Philippe Hurel's exhilarating "Tombeau in memoriam Gérard Grisey."This vivid and ravishingly beautiful duet for piano and percussion was the high point of Monday's concert in Herbst Theatre by the San Francisco Contemporary Music Players, a program dedicated to recent music from France. Hurel claims Grisey's "Vortex temporum," performed by the Players two seasons ago, as an inspiration for his elegy. Yet without consulting the title or the program notes, no listener would have suspected that Hurel's 15-minute score -- arranged in four unbroken movements -- had anything to do with either Grisey or death. The music bristles with a bodily sense of joy more like a drunken, celebratory wake than a stately tombeau and its hard-edged physicality is worlds away from Grisey's more speculative musical landscape. The music bursts out of the gate in a series of clangorous waves, as the piano bangs out two-fisted chords and then plays chase-me-Charlie up the keyboard with the vibraphone. The sound is silvery and sharp, and each wave ends, like a rhyming line of poetry, with a piercing "amen" from the tiny cymbals called crotales. From there, Hurel recedes into a slow, spare section, a gorgeous mosaic of single notes from the crotales in counterpoint with piano notes (some of them muted by stopping the strings inside the instrument by hand). Finally, the music regains its energy, moving with ever-greater assurance and zest to the rhythmically exultant conclusion ».
Joshua Kosman, Chronicle Music Critic - San Francisco Chronicle - December 12, 2005

puce French Fireworks - San Francisco Music Players «The concert presented four works dating from 1995 to 2002, and among them the most engrossing was Philippe Hurel's Tombeau in memoriam Gérard Grisey (1999), for piano and percussion, in four movements… In this performance Steinberg (piano) and percussionist William Winant were as exciting to watch as to hear: Their individual parts were so closely intertwined that a cumulative sound often emerged, flooding the hall with sparkling figuration and strong, forceful rhythms, especially in the opening and closing movements, which had much in common. There was also a slower movement, with long, single notes shared by both players, lending a meditative, melodic feeling to the music while the scherzo-like third movement tossed distinctive harmonies and rhythms back and forth between the two performers. This piece, though reminiscent of Vortex Temporum, definitely exerted its own dynamic presence ».
Jules Langert Contemporary Music Review - December 12, 2005

puce « …The other French element was a French composer, Philippe Hurel, whose nice pieces were a highlight of the evening. "Loops," for solo flute (played by Erin Lesser), began with a flourish and gradually wrought changes on the gesture, note by note, in a way that was melodically engaging, not merely mechanical. And "4 Variations" was a virtuosic anticoncerto for percussion and ensemble in which vibraphone was gradually submerged in a bright tapestry of sound. Matt Ward was the fine soloist, and Mr. Galante conducted the end of what proved to be a cheerful evening. »
Anne Midgette - The New York Times - September 13, 2005

puce « Musique d’ensemble - Festival de Radio-France et Montpellier - Musiques d’aujourd’hui au Festival de Radio-France, enfin ! Dédiée à Daniel Ciampolini qui en assurait ce soir l’interprétation dans la salle Pasteur de Montpellier, les Quatre variations pour percussions et ensemble (2000) de Philippe Hurel sont une commande de l’Ensemble InterContemporain. Fondée elle aussi sur l’énergie rythmique et les rapports d’équilibre entre un soliste et l’ensemble instrumental, l’œuvre dégage tout au long une puissance phénoménale à travers quatre métamorphoses d’un même matériau. Philippe Hurel travaille de manière presque obsessionnelle sur la qualité du timbre en recherchant des alliages inouïs qui modifient ou pervertissent le son originel. Mis en valeur au début de l’œuvre, le vibraphone est constamment doublé par le marimba ou le piano préparé qui en modifient la résonance. Plus qu’une référence à la variation classique, c’est celle du jazz et ses différents chorus qui domine ici, faisant passer le soliste d’une matière percussive à une autre – clavier, métaux, peaux – avec une dimension virtuose proche de l’improvisation : Une musique « qui crache le feu » et nous tient en haleine jusqu’à son ultime résonance ».
Michèle Tosi - Resmusica - 20 juillet 2005

puce « Tombeau et Leçon de choses à Musimars : Avec Tombeau, on tombe en plein chef-d’œuvre. Philippe Hurel trouve dans cette pièce, des sonorités aussi séduisantes que prenantes, des effets de collisions étourdissantes, des fusées déchirantes et obsédantes par leur violence, par rapport auxquelles contrastent des plages plus réflexives, interrogations sur l’ailleurs, peut-être une image de la révolte devant la mort… Leçon de choses : Avec Hurel il semble que les moyens techniques ne servent qu’un seul but, communiquer. Hurel n’est pas là pour faire des démonstrations, il veut simplement partager sa vision acoustique, véhicule de sa pensée sensible. Il ne laisse personne indifférent tant tout participe d’un cheminement expressif, primordial, sophistiqué, certes, mais où il n’y a guère de place pour le décoratif. Alors la nouveauté sert bien la clarté du propos – enfin ! – et la musique ; la grande, s’impose de soi ».
Montréal - Fançois Tousignant- Le Devoir 5 mars 2004

puce « …Technically, the evening's performances were impeccable; a piano and percussion duet - Tombeau - composed by Philippe Hurel was particularly impressive. The piece, performed by Brigitte Poulin and D'arcy Phillip Gray, was a frantically paced and often dissonant work, which was just as interesting to watch as it was to listen to. The percussion tones included a vibraphone and an array of what sounded like gamelan bells. The acoustics of Pollack Hall certainly made the entire show as easy on the ears as possible, given the frequently jarring sounds employed by the composer-including an extended segment of hammering on the highest piano register.
The highlight of the night was another piece by Hurel, entitled "Leçon des choses". It employed not only a sizeable string section, but a laptop and a surround-sound speaker arrangement that emphasized the circular motion of the ambient noise produced by the computer. This fascinating mix of technology and the more traditional ensemble group made for a captivating piece that showed just how far the realm of contemporary music extends… »
Musimars McGill Montréal - Greg Ellerman, The McGill Tribune - september 2004

puce « Robertson makes 'miniatures' work on large scale » "Six miniatures en trompe-l'oeil'' by French composer Philippe Hurel, had enough resonance to fit comfortably into the larger hall. Like any worthy work of art, "Six miniatures'' itself was perfectly capable of standing on its own. About 20 minutes long, composed in 1990-91 and scored for a quartet of strings as well as flutes, clarinets, horns, piano, harp and percussion ranging from glockenspiel, marimba to drum, it created a universe of beautifully resonating, constantly shifting sound. The players often erupted in emphatic outbursts, colliding and reeling away from one another in perfectly choreographed chaos. In the slower movements, episodes of long-sustained single notes and chords melted into gently meditative bits of melody and rhythm. The final bars were a fascinating study in the way boundaries of sound can simply evaporate. Crashing chords lingered in the air, disintegrating into tiny, metallic shards that seemed to come from an alien planet rather than Kuang-Hao Huang's grand piano ».
Wynne Delacoma - Chicago Sun-Times - March 5, 2002

 

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